Une pub Calvin Klein dans laquelle Bella Hadid embrasse une influenceuse virtuelle indigne la communauté LGBTQ
RESEAUX SOCIAUX : La publicité a suscité la colère de nombreux internautes et de la communauté LGBTQ qui accusent Calvin Klein de « queerbaiting ».
📰 Source 2o’ Publié le 18/05/19 à 15h39 Mis à jour le 18/05/19 à 15h49
Bella Hadid et l'influenceuse virtuelle Lil Miquela.
Bella Hadid et l'influenceuse virtuelle Lil Miquela.

A peine dévoilée, la dernière campagne Calvin Klein suscite déjà la polémique. L’entreprise américaine de vêtements a lancé jeudi sur les réseaux sociaux une publicité mettant en scène la célèbre mannequin Bella Hadid et l’influenceuse virtuelle Lil Miquela, réalisée à partir d’images de synthèse.

Dans la vidéo d’une trentaine de secondes postée sur Instagram, le mannequin de 22 ans, vêtue d’un short de cycliste noir et d’un t-shirt sur lequel est cousu le nom de la marque, embrasse l’influenceuse virtuelle. « La vie, c’est ouvrir des portes. Créer de nouveaux rêves que vous ne pensiez pas pouvoir exister », lance Bella Hadid avant d’embrasser le personnage numérique qui lui fait face.

Calvin Klein accusé de « queerbaiting »

Peu après sa mise en ligne, la publicité a suscité la colère de nombreux internautes et de la communauté LGBTQ. Ces derniers ont accusé Calvin Klein de queerbaiting (« l’appât à queer »), une pratique marketing dont le but est d’attirer l’attention du public queer. Car ni Bella Hadid, ni Lil Miquela ne sont connues comme étant des figures LGBTQ.

« Ne serait-il pas judicieux d’arrêter d’utiliser et d’abuser de cette image […] ? J’en ai assez que les femmes soient employées de cette façon. Il est clair que ce n’est pas pour défendre les droits des personnes de la communauté LGBT, ni pour être en leur faveur », a dénoncé la communauté LGBTQ.

« Je suis folle de rage à l’idée que des enfants issus de familles LGBT se voient révoquer leur citoyenneté et que, pendant ce temps, des marques pensent qu’il est de bon ton de payer une influenceuse virtuelle pour se faire passer pour gay. Continuez comme ça avec votre dystopie du progrès, j’étouffe ! », a également tweeté une internaute.

« Nous regrettons sincèrement toute offense que nous avons pu causer »

Face aux nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, Calvin Klein a publié un communiqué pour expliquer sa démarche et présenter ses excuses à la communauté LGBTQ. « Cette campagne en particulier a été créée pour mettre au défi les normes conventionnelles et autres stéréotypes dans le milieu de la publicité. Nous y avons exploré les frontières floues entre la réalité et l’imagination », indique d’abord Calvin Klein.

« Nous comprenons et prenons en compte le fait que mettre en scène une personne qui s’identifie comme hétérosexuelle dans un baiser avec une personne du même sexe, peut être perçu comme du queerbaiting. En tant que marque engagée depuis longtemps pour la défense des droits LGBTQ +, il est clair que nous n’avions nullement l’intention de mal représenter la communauté LGBTQ +. Nous regrettons sincèrement toute offense que nous avons pu causer », a ajouté la marque.

Une affiche Calvin Klein interdite en Australie
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