Le gourou de la secte Nxivm reconnu coupable de trafic sexuel
ETATS-UNIS : Keith Raniere, qui risque la perpétuité, connaîtra sa peine le 25 septembre.
📰 Source 2o’ Publié le 19/06/19 à 23h40
Le gourou de la secte Nxivm, Keith Raniere, à son procès, à New York, le 19 juin 2019
Le gourou de la secte Nxivm, Keith Raniere, à son procès, à New York, le 19 juin 2019

Le gourou américain Keith Raniere a été déclaré coupable mercredi par le jury d’un tribunal fédéral de Brooklyn de tous les chefs d’accusation liés à un réseau d’influence qui lui permettait d’entretenir un harem d’esclaves sexuelles. Le principal avocat de Keith Raniere, Marc Agnifilo, a immédiatement indiqué que son client prévoyait de faire appel du jugement.

Cet homme de 58 ans était poursuivi pour trafic sexuel, extorsion, association de malfaiteurs, menaces, ainsi que corruption de mineur. Il risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité et devrait connaître sa peine le 25 septembre. L’ ex-actrice de Smallville, Allison Mack, que les procureurs ont décrit comme le bras droit de Raniere, a, elle échappé au procès en plaidant coupable d’extorsion  pour le bénéfice d’une secte sexuelle. Elle risque jusqu’à quarante ans de prison et sera fixée sur son sort le 11 septembre prochain

Une secte sous le couvert d’une organisation de « self growth »

Ces pratiques étaient dissimulées derrière une organisation baptisée Nxivm (prononcé Nexium), fondée en 2003 à Albany, capitale de l’Etat de New York, et dont le but officiel était de dispenser des formations pour un meilleur accomplissement personnel. Dès les débuts, ce personnage charismatique à la longue chevelure a entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré. L’une d’entre elle était âgée de 15 ans seulement.

En 2015, Raniere avait créé une seconde organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des « esclaves » et des « maîtres ». Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, le gourou lui-même. Les « esclaves » étaient notamment obligés d’avoir des rapports sexuels avec Keith Raniere, à la seule discrétion du « Grandmaster », un autre de ses surnoms.

Avant d’être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir des « garanties », c’est-à-dire divers éléments potentiellement compromettants pour elles, photos, lettres, ou documents, que l’organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient DOS. Certaines devaient aussi subir un « marquage », qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Keith Raniere, à l’aide d’un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs.

« Maître de la manipulation »

« Ce procès a montré que Raniere, qui se présentait comme un savant et un génie, était en réalité un maître de la manipulation, un escroc et un chef de bande criminelle », a déclaré le procureur fédéral de Brooklyn, Richard Donoghue, après le verdict. « Ses crimes et ceux de ses complices ont détruit des mariages, des carrières, des patrimoines et des vies », a-t-il poursuivi. Celui qui se faisait appeler « Vanguard » a toujours affirmé que les relations sexuelles avec les membres de la secte étaient consenties.

Six personnes étaient initialement poursuivies par la justice, mais les cinq co-accusées de Keith Raniere ont, l’une après l’autre, plaidé coupable et évité le procès. Une seule d’entre elle a finalement témoigné durant le procès. Attendues comme de possibles attractions de la procédure, l’actrice Allison Mack et l’héritière de l’empire Seagram, Clare Bronfman, qui avaient plaidé coupable, n’ont finalement pas témoigné.

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